
Vers 1635, l'abbé de Saint-Cyran devient le directeur spirituel du monastère, favorise la constitution du groupe des « solitaires », installé à Paris puis aux Champs, et inspire la fondation des « petites écoles » qui font de Port-Royal l'un des creusets de la pédagogie moderne.
Ami de Cornelius Jansen, Saint-Cyran est, avec Antoine Arnauld, frère de la Mère Angélique, le chef de file d'un courant théologique, retournant à la lecture des pères de l'Eglise, principalement de saint Augustin. Condamné par Rome en 1642, l'Augustinus de Jansenius devient l'objet d'âpres polémiques, dont Antoine Arnauld et les solitaires de Port-Royal se font les portes paroles.
Principal foyer de la pensée janséniste en France, Port-Royal apparaît comme un lieu de résistance au pouvoir royal, que Louis XIV ne parvient pas à réduire, pendant tout son long règne. En 1661, il ordonne la dispersion des Solitaires et la fermeture des Petites écoles. La « Paix de l’Eglise », en 1669, marque un répit dans la politique anti-janséniste, et l’abbaye connaît un second âge d’or, sous la puissante protection de la duchesse de Longueville, cousine du roi. Après la paix de Nimègue et la mort de sa cousine en 1669, puis de 1705 à 1713, le roi vieillissant cherche à faire disparaître les jansénistes du royaume. Ne parvenant pas à réduire les religieuses de Port-Royal à l'obéissance, il les fait disperser en 1709 et raser leur abbaye deux ans plus tard. Centre intellectuel majeur du Grand siècle, Port-Royal exerce une réelle fascination sur plusieurs générations d’écrivains et de penseurs, au premier rang desquels Pascal, Racine, La Fontaine ou Madame de Sévigné…
La ferme des Granges, située sur le plateau, fut rattachée dès 1709 à Port-Royal de Paris. Vendue à la Révolution, elle est restée en activité jusqu'en 1984, date de son achat par l'Etat. On peut encore y voir l'ancienne grange à blé et un ensemble de bâtiments agricoles des XVIIe et XIXe siècles. Au centre de la cour se trouve encore le puits dit de Pascal.
En 1651, les Solitaires de Port-Royal avaient fait construire un logis d'une élégante simplicité destiné à abrite les « Petites écoles ». A la fin du XIXe siècle, les propriétaires du domaine firent construire une aile dans le même esprit. C'est dans ces bâtiments que fut installé le musée à partir de 1962.
L'ancien logis des Solitaires, situé dans le prolongement des « Petites écoles », doit prochainement être restauré et accueillera la bibliothèque du musée et un centre de recherches consacré au Jansénisme et à l'histoire de la spiritualité.
Le verger, planté devant les petites écoles, est une reconstitution du verger planté par Robert Arnauld d'Andilly, frère de la mère Angélique retiré aux Champs. Potager, jardin médicinal et bouquetier planté derrière la ferme, évoquent les anciens jardins monastiques.
Infos pratiques :
Route des Granges
78114 Magny-les-Hameaux
Renseignements au +33 1 39 30 72 72
Tous les jours sauf le mardi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30,
samedi et dimanche de 10 h 30 à 18 h ;
du 1er avril au 8 novembre de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 00,
samedi et dimanche de 10 h 30 à 18 h 30
Le site des ruines de l’abbaye est actuellement ouvert les samedi et dimanche
plein tarif (musée et abbaye) : 6,50 € (du 25 mars au 29 juin 2009)
tarif réduit (musée et abbaye) : 5,00 € (du 25 mars au 29 juin 2009)
Parc : 1,00 €
Gratuit pour les moins de 25 ans, les chômeurs, les enseignants en exercice, Gratuité pour tous, le premier dimanche de chaque mois.
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