À partir de la bataille d' El -Alamein du 23 octobre 1942, les armées allemandes ont subi défaite sur défaite et reculé sur tous les fronts. Le 25 avril 1945, les troupes soviétiques et anglo-américaines font leur jonction au milieu de l'Allemagne, sur l'Elbe, à Torgau.
Hitler, terré dans son bunker de Berlin, avec son dernier carré de fidèles, se suicide le 30 avril. Il revient à son successeur, l'amiral Dönitz (ou Doenitz), de demander la cessation des combats aux puissances alliées, les Anglo-Saxons et les Soviétiques.
Karl Dönitz envoie le général Alfred Jodl, chef d'état-major de la Wehrmacht, à Reims (France), au quartier général des forces alliées du général Dwight Eisenhower.
Le général Alfred Jodl (55 ans) signe dans la nuit du 7 au 8 mai, à 2h 41, la capitulation sans condition de l'Allemagne... Côté vainqueurs, l'acte de capitulation est signé par le général Walter Bedell-Smith, chef d'état-major du général Eisenhower, commandant suprême des Alliés, et le général soviétique Ivan Sousloparov. Le général français François Sevez, chef d'état-major du général de Gaulle, est invité à le contresigner à la fin de la cérémonie en qualité de simple témoin.
La cessation des combats est fixée au lendemain 8 mai, à 23h 01 (mais certaines troupes allemandes résisteront au-delà de cette date, notamment dans la place forte de Saint-Nazaire).
Ratification de la capitulation à Berlin (8 mai)
Pour Staline, l'allié soviétique, il ne suffit pas que la capitulation ait été signée à Reims, dans la zone occupée par les Anglo-Saxons. Il faut aussi qu'elle soit ratifiée à Berlin, au coeur du IIIe Reich, et accessoirement dans la zone d'occupation soviétique.
Cette formalité est accomplie le lendemain 8 mai 1945, à 15 heures, au quartier général des forces soviétiques du maréchal Joukov, dans le quartier de Karlshorst.
Après cela, les chefs d'État et de gouvernement alliés, dont le général de Gaulle, peuvent annoncer simultanément sur les radios la cessation officielle des hostilités en Europe. Aux États-Unis, l'annonce de la victoire revient au président Harry Truman, son prédécesseur Franklin Roosevelt étant mort d'épuisement et de maladie le mois précédent, le 14 avril 1945.
La capitulation n'est pas la paix
La guerre ne se termine cependant pas avec la capitulation de l'Allemagne nazie... Le Japon de l'empereur Showa, allié de Hitler, poursuit un combat désespéré contre les Américains dans l'océan Pacifique. C'est seulement avec la capitulation du Japon le 2 septembre 1945, près de quatre mois après celle de l'Allemagne, que prend donc véritablement fin la Seconde Guerre mondiale.
Les Américains distinguent ainsi le V-E (Victory-Europe) Day, jour de la victoire en Europe et le V-J (Victory-Japan) Day, jour de la victoire sur le Japon.
La capitulation vue de... Paris
La France est, depuis 1981, le seul pays qui commémore par un jour férié et chômé le 8 mai 1945, fin de la guerre en Europe !
Négligeant de commémorer la capitulation du 7 mai, à Reims, à laquelle ils n'ont eu aucune part, les Français ont choisi par la suite de commémorer exclusivement le 8 mai 1945. En 1975, le président Giscard d'Estaing a prétendu mettre un terme à cette commémoration par souci de réconciliation avec les Allemands... mais au grand scandale des associations d'anciens combattants.
En 1981, le 8 mai est redevenu férié... et chômé qui plus est. À noter que ni les Anglais, ni les Américains ne chôment le 8 mai bien qu'ils aient les meilleures raisons du monde de commémorer cet anniversaire. Quant aux Russes, c'est le 9 mai qu'ils célèbrent la capitulation de l'Allemagne nazie, la cessation des combats ayant été enregistrée ce jour-là à Moscou en raison du décalage horaire...
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