Odile a assisté au colloque Les Echos sur la dépendance. Extraits du discours de Valérie Létard. "(...) Je ne m’attarderai pas sur l’ampleur des chiffres et sur le défi démographique sans précédent de l’augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes dont une partie proviendra vraisemblablement des 2 millions de nos concitoyens qui auront plus de 85 ans en 2015. (...)Dans les années 70, une personne entrait en maison de retraite vers l’âge de 65 ans parce qu’elle était pauvre et isolée. Depuis les années 90, une personne entre en maison de retraite vers l’âge de 85 ans parce qu’elle est dépendante. Dans les années 70, les politiques publiques se réduisaient pratiquement à la résorption de ce que l’on qualifiait à l’époque de « mouroirs » dans lesquels les « vieux » étaient entassés à plus de 20 par dortoir.Depuis les années 90, les politiques publiques s’attachent à répondre aux besoins collectifs liés au vieillissement de la société mais aussi aux aspirations individuelles qui s’expriment par un double souhait, celui de vivre le plus longtemps possible à domicile et celui de voir respecter sa dignité et son projet de vie.
(...) En 2005 a été créée la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) chargée de mettre en oeuvre la politique médicosociale et de gérer le produit de la fameuse journée de solidarité.
Sous l’effet de ce volontarisme, les résultats obtenus sont devenus de plus en plus visibles, les chiffres en témoignent : plus de 10 000 établissements accueillant 685 000 personnes âgées. (...)instauration de l’APA en 2002 qui a permis de prolonger le maintien à domicile en solvabilisant les aides à la personne. Les chiffres sont éloquents : sur 1 150 000 personnes percevant l’allocation en décembre 2008, 62 % vivent maintenant à domicile alors qu’elles n’étaient que 53 % en 2003. Sur le plan budgétaire, cela se traduit par des chiffres relativement spectaculaires. (...)En ce qui concerne les dépenses de soins liées à la situation de dépendance des personnes âgées, c’est-à-dire les frais de personnels soignants, elles sont passées de 3,2 milliards d’euros en 2003 à 7,6 milliards d’euros en 2009 (...). Plusieurs chantiers majeurs pour le champ de la dépendance (...) :
(...) Cette réforme va nous permettre également de rénover nos procédures pour la création d’établissements médicosociaux. (...)La réforme va remplacer le système par une procédure d’appel à projets qui interviendra ainsi en aval de la détermination des besoins auxquels auront participé l’ensemble des acteurs et qui donnera simultanément l’autorisation et le financement. (...)
Deuxième grand chantier : le plan Alzheimer. Une des conséquences du vieillissement de notre population, c’est l’augmentation du nombre de personnes atteintes de pathologies dégénératives. La maladie d’Alzheimer (...) est la première cause d’entrée en institution. Le plan (...)prévoit d’adapter les établissements et services à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Pour ce faire, nous augmentons progressivement les moyens en personnels soignants dans les établissements existants. C’est dans ce cadre que vient d’être lancé un appel à projets national pour la création d’unités d’hébergement renforcées et de structures adaptées aux malades d’Alzheimer. (...)Mais prendre en charge ces pathologies se fait aussi, dans un premier temps à domicile. Et pour le permettre, il est impératif de développer davantage les structures de maintien à domicile. C’est ce que nous faisons en finançant, chaque année, 9000 places supplémentaires de soins infirmiers à domiciles, d’accueil de jour et d’hébergement temporaire. (...)
Assurer le maintien à domicile, c’est également penser aux aidants familiaux (...)pour soulager les personnes qui assument la lourde charge de soutenir leurs proches dépendants. (...)Deuxième orientation, augmenter le nombre de places en établissements médicalisés et alléger le reste à charge pour les familles.
Cela suppose de poursuivre les programmes de création de places en établissement en nombre suffisant ; Cela passe aussi par une meilleure maîtrise, voire un allègement des tarifs hébergement et restauration qui restent majoritairement à la charge des familles (...) ; La troisième orientation concerne les moyens financiers.
Le cinquième risque doit permettre d’assurer le financement de la perte d’autonomie pour aujourd’hui et pour demain. (...) Nous souhaitons que le cinquième risque repose d’abord sur la solidarité nationale. Mais, nous avons aussi le sentiment qu’il faudra peut-être mobiliser d’autres moyens de financement. A ce titre la question de contribution liée au patrimoine et celle d’un recours à la prévoyance collective et individuelle seront versées au débat qui va s’ouvrir. (...) J’estime pour ma part que c’est un véritable défi de civilisation qui s’offre à nous, un défi qui met en jeu notre capacité à savoir préserver les valeurs essentielles d’une société développée comme la nôtre, des valeurs comme celle de la solidarité. "
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